Chaque année, votre prime d’assurance auto monte ou descend selon un chiffre discret figurant sur votre avis d’échéance : le coefficient de réduction-majoration, mieux connu sous le nom de bonus-malus. Ce mécanisme, encadré par l’annexe de l’article A.121-1 du Code des assurances, récompense les conducteurs prudents par une réduction de prime et sanctionne les responsables d’accidents par une majoration. Comprendre comment évolue ce coefficient vous permet d’anticiper le prix de votre contrat et d’éviter les mauvaises surprises après un sinistre.

Le principe du bonus-malus est le même chez tous les assureurs français : il est fixé par la loi, non par la compagnie. Voyons comment il se calcule, ce qui le fait grimper et comment revenir au fameux coefficient de 0,50.

Dans cet article

Comment se calcule le coefficient bonus-malus ?

À la souscription de votre premier contrat, le coefficient de départ vaut 1,00. Chaque année sans accident responsable, il est multiplié par 0,95, soit une réduction de 5 %. Au fil du temps, le coefficient descend donc progressivement : 0,95 après un an, 0,90 la deuxième année, et ainsi de suite.

La prime de référence fixée par l’assureur est ensuite multipliée par ce coefficient. Avec un coefficient de 0,80, vous payez 80 % de la prime de base ; avec 1,25, vous payez 125 %. Le calcul porte sur la période de douze mois consécutifs qui s’achève deux mois avant l’échéance annuelle de votre contrat.

Le bonus maximum : atteindre 0,50

La réduction n’est pas infinie. Le meilleur coefficient possible est 0,50, soit 50 % de réduction. Il s’atteint après treize années consécutives sans sinistre responsable. Une fois ce plancher touché, vous conservez votre prime réduite de moitié tant que vous ne provoquez pas d’accident.

Protection du bonus 50 : un conducteur qui bénéficie du coefficient 0,50 depuis au moins trois ans conserve ce coefficient après son premier sinistre responsable. Ce n’est qu’au deuxième accident responsable que la majoration s’applique. Un bon dossier vous offre donc un « joker ».

Ce qui fait grimper le malus

À l’inverse, chaque sinistre dont vous êtes responsable majore le coefficient de 25 % : il est multiplié par 1,25. Si votre responsabilité n’est que partielle (accident dit « à torts partagés »), la majoration est réduite à 12,5 %, soit une multiplication par 1,125. Le coefficient ne peut toutefois jamais dépasser le plafond légal de 3,50, c’est-à-dire une prime multipliée par 3,5.

Événement Effet sur le coefficient Exemple (départ 1,00)
Année sans sinistre responsable x 0,95 (-5 %) 1,00 → 0,95
Sinistre responsable x 1,25 (+25 %) 1,00 → 1,25
Sinistre partiellement responsable x 1,125 (+12,5 %) 1,00 → 1,12
Bonus maximum atteignable Plancher 0,50 -50 % de prime
Malus maximum Plafond 3,50 x 3,5 de prime

Attention à bien distinguer les sinistres qui comptent. Un accident dans lequel vous n’êtes pas responsable, un vol, un incendie, un bris de glace ou une catastrophe naturelle n’ont aucun impact sur votre bonus-malus. Seule votre responsabilité, totale ou partielle, entre en jeu, comme le précise votre déclaration de sinistre.

Comment retrouver son bonus après un malus ?

Un malus n’est pas définitif. La règle dite de « descente » prévoit que deux années consécutives sans aucun sinistre responsable ramènent votre coefficient à 1,00, quel que soit le niveau de malus atteint. Vous repartez ainsi d’une base neutre, puis recommencez à accumuler du bonus au rythme habituel de 5 % par an.

Font baisser votre coefficient
  • Chaque année roulée sans accident responsable
  • Deux ans sans sinistre après un malus (retour à 1,00)
  • La conduite accompagnée pour les nouveaux conducteurs
Font grimper votre coefficient
  • Un accident responsable (+25 %)
  • Un sinistre à torts partagés (+12,5 %)
  • Plusieurs sinistres responsables la même année

Le bonus-malus suit le conducteur, pas la voiture

Point essentiel : votre coefficient est attaché à vous, et non au véhicule. Lorsque vous changez de voiture ou d’assureur, votre bonus vous suit. Pour le prouver, l’ancien assureur doit vous remettre un relevé d’information (RI) dans les quinze jours suivant votre demande. Ce document récapitule votre coefficient et vos sinistres des cinq dernières années ; le nouvel assureur s’y réfère pour établir votre tarif. Ce relevé est indispensable si vous décidez de changer de contrat, notamment en profitant de la loi Hamon pour résilier à tout moment après un an.

Le bonus-malus s’applique quelle que soit la formule choisie, que vous rouliez avec une simple garantie responsabilité civile ou une couverture plus complète. Il pèse d’ailleurs lourd dans l’arbitrage entre une formule au tiers ou tous risques, car un bon coefficient rend le tous risques nettement plus abordable. Les nouveaux titulaires du permis, eux, démarrent à 1,00 et paient une surprime spécifique, détaillée dans notre guide sur l’assurance jeune conducteur.

Combien d’années faut-il pour atteindre le bonus maximum de 0,50 ?
Il faut treize années consécutives sans sinistre responsable. Chaque année sans accident applique une réduction de 5 %, faisant descendre le coefficient de 1,00 jusqu’au plancher légal de 0,50, qui correspond à une prime réduite de moitié.
Un accident non responsable augmente-t-il mon malus ?
Non. Seuls les sinistres dont vous êtes totalement ou partiellement responsable modifient votre coefficient. Un accident où votre responsabilité n’est pas engagée, tout comme un vol ou un bris de glace, reste sans effet sur votre bonus-malus.
Comment repartir de zéro après un malus ?
Deux années consécutives sans sinistre responsable ramènent automatiquement votre coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé. Vous recommencez ensuite à gagner du bonus au rythme de 5 % par année sans accident.
Mon bonus est-il perdu si je change d’assureur ?
Non. Le coefficient est attaché au conducteur. Votre ancien assureur vous remet un relevé d’information sous quinze jours ; votre nouvel assureur reprend ce coefficient pour calculer votre prime. Votre bonus vous suit donc d’un contrat à l’autre.

En résumé

Le bonus-malus est un mécanisme automatique et légal : -5 % par an sans accident, +25 % par sinistre responsable, avec un plancher à 0,50 et un plafond à 3,50. Il récompense la régularité et pardonne, sous conditions, le premier faux pas. Attaché à votre profil et non à votre voiture, il vous suit tout au long de votre vie de conducteur. Pour aller plus loin, explorez notre rubrique assurance.

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Équipe éditoriale spécialisée dans les finances personnelles, les cartes de crédit et les produits bancaires.

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