Vous voulez investir en Bourse mais vous n’avez ni le temps ni l’envie de choisir vos supports ni de suivre les marchés ? La gestion pilotée proposée par les robo-advisors répond exactement à ce besoin : vous confiez votre épargne à un mandat, un algorithme et une équipe d’experts construisent un portefeuille diversifié adapté à votre profil, puis l’ajustent dans le temps. En 2026, des acteurs comme Nalo, Yomoni ou Ramify ont démocratisé cette approche autrefois réservée à la banque privée. Voyons comment elle fonctionne, ce qu’elle coûte et pour qui elle est vraiment intéressante.
Qu’est-ce que la gestion pilotée ?
Dans un contrat d’assurance-vie ou un PER, vous avez deux options. En gestion libre, vous sélectionnez vous-même les fonds et les ETF, et vous gérez la répartition. En gestion pilotée (aussi appelée gestion sous mandat), vous déléguez ces décisions à un professionnel : il définit une allocation d’actifs, l’exécute et la rééquilibre automatiquement selon les conditions de marché et votre horizon.
Dans cet article
Les robo-advisors sont des sociétés de gestion agréées qui proposent cette délégation en ligne, avec une expérience 100 % digitale : questionnaire de profil, ouverture dématérialisée, suivi via une application. La plupart s’appuient sur des ETF indiciels à faibles frais plutôt que sur des fonds actifs coûteux, ce qui améliore la performance nette sur le long terme.
Comment votre profil détermine l’allocation
Tout commence par un questionnaire : votre âge, votre horizon de placement, vos objectifs (retraite, achat immobilier, transmission) et surtout votre tolérance au risque. À partir de vos réponses, le robo-advisor vous attribue un profil, généralement décliné en trois grandes familles :
- Prudent : forte part de fonds euros et d’obligations, faible exposition aux actions. Volatilité limitée, rendement espéré modéré.
- Équilibré : répartition intermédiaire entre actions et supports défensifs.
- Dynamique : majorité d’actions, potentiel de rendement plus élevé mais fluctuations importantes.
Certaines plateformes affinent encore, en réduisant progressivement la part d’actions à l’approche de votre objectif (mécanisme de « sécurisation progressive »). Comprendre votre profil de risque d’investisseur reste essentiel : c’est lui qui conditionne la performance mais aussi les baisses que vous devrez encaisser sereinement.
Nalo, Yomoni, Ramify : les principaux acteurs
Le marché français compte plusieurs robo-advisors sérieux, la plupart adossés à de vrais assureurs (Suravenir, Spirica, Generali) et couverts par le Fonds de garantie des assurances de personnes à hauteur de 70 000 € par assuré et par assureur sur le fonds euros.
| Acteur | Spécificité | Enveloppes |
|---|---|---|
| Yomoni | Mandat en ETF, approche simple et pédagogique | Assurance-vie, PER, PEA, compte-titres |
| Nalo | Portefeuilles personnalisés par projet, investissement responsable possible | Assurance-vie, PER |
| Ramify | Diversification élargie : ETF, SCPI, private equity | Assurance-vie, PER |
Le ticket d’entrée est souvent accessible, à partir de quelques centaines d’euros, ce qui permet aussi de mettre en place des versements programmés mensuels pour lisser le risque avec le DCA.
Combien coûte la gestion pilotée ?
C’est le point à surveiller de près, car les frais s’empilent. Sur une assurance-vie en gestion pilotée, on additionne généralement :
- Les frais de gestion du contrat : environ 0,60 % à 0,85 % par an sur les unités de compte.
- Les frais de mandat (gestion pilotée) : souvent 0,20 % à 0,50 % par an.
- Les frais internes des ETF : environ 0,20 % à 0,30 % par an.
Au total, comptez environ 1,5 % à 1,7 % par an, contre 0,5 % à 0,8 % pour une gestion libre en ETF que vous piloteriez vous-même. Sur un horizon de 20 ans, cet écart d’un point de pourcentage se chiffre en milliers d’euros. La gestion pilotée se paie donc, mais elle reste bien moins chère que les mandats des banques traditionnelles, souvent truffés de fonds maison.
- Aucune connaissance technique requise
- Portefeuille diversifié et rééquilibré automatiquement
- Gain de temps et absence de gestion émotionnelle
- Accessible dès quelques centaines d’euros
- Frais plus élevés qu’une gestion libre en ETF
- Peu de contrôle sur les supports précis
- Le capital investi en unités de compte n’est pas garanti
- Performance passée ne préjuge pas des résultats futurs
Pour qui la gestion pilotée est-elle intéressante ?
La gestion pilotée convient surtout aux épargnants qui débutent, qui manquent de temps ou qui craignent de céder à la panique lors d’une baisse des marchés. Le mandat impose une discipline précieuse. À l’inverse, si vous êtes à l’aise pour acheter un ETF monde vous-même, la gestion libre reste plus économique et tout aussi performante. Beaucoup d’investisseurs combinent les deux : un contrat en gestion pilotée pour la tranquillité, et un PEA en gestion libre pour investir à moindres frais.
En résumé
La gestion pilotée permet de déléguer entièrement ses investissements à un robo-advisor comme Nalo, Yomoni ou Ramify, moyennant des frais annuels d’environ 1,5 à 1,7 %. C’est une solution efficace pour investir sans y consacrer de temps, à condition d’accepter ce surcoût et le risque de perte en capital sur les unités de compte. Pour choisir en connaissance de cause, comparez-la à une allocation d’actifs que vous géreriez vous-même et parcourez nos autres guides d’investissement.