Le compte-titres ordinaire, ou CTO, est l’enveloppe la plus souple pour investir en Bourse. Contrairement au PEA, il n’impose aucun plafond de versement et donne accès à absolument tous les supports : actions américaines, ETF du monde entier, obligations, matières premières, actions à dividendes ou valeurs technologiques. En échange de cette liberté totale, il ne bénéficie d’aucun avantage fiscal : vos gains sont soumis à la flat tax de 30 %.

Beaucoup d’investisseurs français ouvrent un CTO en complément de leur PEA une fois le plafond de ce dernier atteint, ou tout simplement pour acheter des titres inaccessibles dans les enveloppes fiscales. Voyons quand et pourquoi il devient pertinent d’en ouvrir un.

Dans cet article

Qu’est-ce qu’un compte-titres ordinaire ?

Le CTO est un compte qui héberge vos instruments financiers, adossé à un compte espèces qui sert à payer vos achats et à recevoir vos ventes et dividendes. Il s’ouvre chez une banque ou un courtier en ligne, en quelques minutes. Ses caractéristiques principales :

  • Aucun plafond : vous versez et investissez autant que vous le souhaitez, sans limite de montant.
  • Univers d’investissement illimité : actions du monde entier, ETF, obligations, produits dérivés, fonds… tout ce qui est coté est accessible.
  • Aucune contrainte de durée : vous achetez et vendez quand vous voulez, l’argent reste disponible.
  • Souplesse de détention : il peut être individuel, joint (entre conjoints) ou en indivision, ce qui facilite la transmission.

CTO ou PEA : quelle différence ?

Le PEA reste l’enveloppe à privilégier pour un premier investissement en actions grâce à sa fiscalité allégée après 5 ans. Mais il est bridé : plafond de 150 000 €, uniquement des actions et fonds européens, pas d’accès direct aux géants américains comme Apple, Microsoft ou Nvidia. Le CTO lève toutes ces limites.

Critère PEA Compte-titres (CTO)
Plafond de versement 150 000 € Aucun
Titres accessibles Actions et fonds européens Monde entier, toutes classes d’actifs
Fiscalité des gains Exonérés d’IR après 5 ans (hors 17,2 % de prélèvements sociaux) Flat tax 30 % dès le premier euro de gain
Disponibilité Retrait avant 5 ans = clôture Totale à tout moment
Nombre par personne Un seul Illimité

La logique est donc simple : on remplit d’abord son PEA pour profiter de l’avantage fiscal, puis on ouvre un CTO pour aller au-delà.

La fiscalité du CTO : la flat tax à 30 %

C’est le point qui distingue le CTO des enveloppes fiscales. Vos plus-values (gains réalisés à la revente) et vos dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, de 30 %. Ce taux se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Concrètement, si vous réalisez 1 000 € de plus-value en vendant des titres, vous payez 300 € d’impôt et conservez 700 €. Les dividendes suivent le même régime. Vous pouvez, sur option globale, choisir l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu si cela vous est plus favorable (foyers faiblement imposés), avec dans ce cas un abattement de 40 % sur les dividendes. Tous les détails sont expliqués dans notre guide dédié à la flat tax (PFU).

Bon à savoir : contrairement au PEA, aucune plus-value n’est exonérée sur le CTO, même après de nombreuses années. En revanche, les moins-values sont reportables sur 10 ans et viennent réduire vos plus-values imposables futures.

Pourquoi et quand ouvrir un CTO ?

Le compte-titres n’est pas réservé aux investisseurs aguerris. Plusieurs situations le rendent utile :

  • Investir hors d’Europe : acheter en direct des actions américaines, asiatiques ou des ETF non éligibles au PEA.
  • Diversifier au-delà des actions : accéder aux obligations et fonds obligataires, aux matières premières ou à des fonds thématiques.
  • Dépasser le plafond du PEA : une fois vos 150 000 € versés, le CTO prend le relais sans limite.
  • Bâtir une stratégie de revenus : loger des actions à dividendes internationales pour générer un complément de revenu.
Avantages
  • Aucun plafond de versement
  • Accès à tous les marchés et toutes les classes d’actifs
  • Argent disponible et transmission facilitée
  • Moins-values reportables sur 10 ans
Inconvénients
  • Aucun avantage fiscal : flat tax 30 % sur tous les gains
  • Fiscalité applicable même après de longues années
  • Déclaration annuelle des gains parfois plus complexe

Bien choisir son courtier

Comme pour toute enveloppe boursière, les frais font la différence sur le long terme. Un courtier facturant 0,5 % par ordre ne pèsera pas de la même façon qu’un néo-courtier à quelques centimes. Comparez le courtage, les frais de change pour les titres en dollars et l’éventuelle fiscalité prélevée à la source sur les dividendes étrangers. Notre guide pour choisir son courtier en Bourse détaille tous ces critères. Retrouvez l’ensemble de nos guides dans la catégorie investissements.

Peut-on avoir plusieurs comptes-titres ?
Oui, il n’y a aucune limite. Vous pouvez ouvrir autant de CTO que vous le souhaitez, chez différents courtiers, contrairement au PEA qui est unique par personne.
Le CTO a-t-il un avantage fiscal ?
Non. Toutes les plus-values et tous les dividendes sont soumis à la flat tax de 30 %, sans exonération liée à la durée de détention. C’est le prix de sa liberté totale d’investissement.
Faut-il ouvrir un CTO avant ou après le PEA ?
En général après. On privilégie d’abord le PEA pour son avantage fiscal, puis on ouvre un CTO pour investir hors d’Europe, diversifier ou dépasser le plafond de 150 000 €.
Que deviennent les moins-values sur un CTO ?
Elles sont reportables pendant 10 ans et s’imputent sur vos plus-values futures, ce qui réduit l’impôt à payer les années où vous réalisez des gains.

En résumé

Le compte-titres ordinaire est l’enveloppe de la liberté : pas de plafond, tous les marchés du monde, une disponibilité totale. Sa contrepartie est fiscale, avec la flat tax de 30 % sur chaque gain. Ouvrez-le en complément de votre PEA pour investir à l’international, accéder aux obligations ou dépasser le plafond, en gardant à l’esprit que les frais et la fiscalité doivent guider votre stratégie de long terme.

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Équipe éditoriale spécialisée dans les finances personnelles, les cartes de crédit et les produits bancaires.

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