Au moment d’ouvrir ou d’alimenter un contrat, une question revient toujours : faut-il placer son argent en fonds euros ou unités de compte ? C’est le choix le plus structurant d’une assurance-vie, car il détermine à la fois votre sécurité et votre potentiel de gain. D’un côté, un capital garanti qui ne baisse jamais ; de l’autre, des supports qui suivent les marchés, avec un rendement espéré plus élevé mais un risque de perte. Il n’existe pas de bonne réponse universelle : tout dépend de votre horizon et de votre tolérance au risque.
Pour bien trancher, il faut d’abord comprendre ce que recouvre chaque famille de supports. Si les bases du contrat ne sont pas encore claires pour vous, commencez par notre guide sur le fonctionnement de l’assurance-vie, puis revenez comparer les deux moteurs de performance.
Dans cet article
Le fonds en euros : la sécurité avant tout
Le fonds en euros est le support historique de l’assurance-vie. Sa promesse : le capital que vous versez est garanti par l’assureur et ne peut pas diminuer. Chaque année, les intérêts crédités sont définitivement acquis grâce à l’effet cliquet : une fois gagnés, ils ne peuvent plus être repris.
En contrepartie de cette sécurité, le rendement reste modéré. Après des années de baisse, les fonds euros sont remontés : leur rendement moyen s’est établi autour de 2,5 % en 2024, les meilleurs contrats dépassant 3 %. Ces fonds sont majoritairement investis en obligations d’État et d’entreprises, ce qui explique leur stabilité. Un point technique à connaître : les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains du fonds euros sont prélevés chaque année, au fil de l’eau.
Les unités de compte : viser plus haut, accepter le risque
Les unités de compte (UC) désignent tous les supports non garantis d’un contrat. Leur valeur monte et descend au gré des marchés, sans filet de sécurité. En échange, elles offrent un potentiel de rendement supérieur sur le long terme. On y trouve une grande variété d’actifs :
- Des fonds actions et des ETF comme le MSCI World, pour s’exposer aux entreprises mondiales à moindres frais.
- Des SCPI de rendement, pour toucher des revenus immobiliers sans gérer de bien en direct.
- Des fonds obligataires, monétaires ou diversifiés, plus ou moins prudents.
Sur les UC, les prélèvements sociaux ne sont dus qu’au moment du rachat ou du décès, pas chaque année. Le capital n’étant pas garanti, ces supports se justifient surtout sur un horizon d’au moins huit à dix ans, le temps de lisser les à-coups des marchés.
Fonds euros ou unités de compte : le comparatif
| Critère | Fonds en euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Capital | Garanti (effet cliquet) | Non garanti, fluctuant |
| Rendement 2024 (repère) | Environ 2,5 % en moyenne | Variable, potentiellement supérieur |
| Risque de perte | Nul sur le capital | Réel, selon les marchés |
| Horizon conseillé | Court à moyen terme | Long terme (8 ans et plus) |
| Prélèvements sociaux | Chaque année | Au rachat uniquement |
| Composition type | Obligations | Actions, ETF, SCPI, obligations |
Comment répartir entre les deux ?
Le vrai secret n’est pas de choisir l’un contre l’autre, mais de doser. Un contrat multisupport permet de mélanger fonds euros et UC dans les proportions de votre choix, et d’arbitrer d’un support à l’autre au fil du temps. Trois profils reviennent souvent :
- Prudent : 80 % fonds euros / 20 % UC, pour une épargne de précaution ou un horizon court.
- Équilibré : environ 50 / 50, pour viser un peu de performance sans trop de secousses.
- Dynamique : 70 % UC ou plus, pour un jeune épargnant investi sur le long terme.
De nombreux contrats proposent une gestion pilotée : vous confiez la répartition à un gérant qui ajuste le curseur fonds euros / UC selon un profil de risque défini. Pratique si vous ne souhaitez pas suivre vos supports vous-même.
- Le fonds euros sécurise une base de capital disponible
- Les UC apportent le moteur de performance de long terme
- Les arbitrages permettent d’adapter le risque à chaque étape de vie
- Le rendement du fonds euros peut ne pas battre l’inflation
- Les UC exposent à des pertes en capital à court terme
- Les frais de gestion sont plus élevés sur les UC : comparez-les
N’oubliez pas la fiscalité et les frais
Quel que soit le support, les gains suivent le même régime fiscal, plus doux après huit ans : c’est l’objet de notre guide sur la fiscalité de l’assurance-vie, à mettre en regard de la flat tax des placements. Surveillez aussi les frais : des frais de gestion de 0,5 % contre 1 % par an font une énorme différence sur vingt ans, surtout sur les unités de compte.
Peut-on perdre de l’argent avec les unités de compte ?
Le fonds euros peut-il vraiment ne rien rapporter ?
Faut-il tout mettre en unités de compte ?
Peut-on passer du fonds euros aux UC plus tard ?
En résumé
Choisir entre fonds euros ou unités de compte revient à arbitrer entre sécurité et performance. Le fonds euros garantit le capital pour un rendement modéré ; les UC visent plus haut au prix d’un risque de perte. La solution gagnante consiste presque toujours à combiner les deux selon votre horizon et votre profil. Pour approfondir votre stratégie d’épargne, explorez nos autres guides de la rubrique assurance.